Le temps de l’épreuve 27 novembre, 2007
Posté par Steve Loemba dans : Non classé , 31 commentaires
Lorsqu’on a été aussi haut dans l’exercice de la fonction politique, la chute, l’oubli et l’indifférence sont des situations dramatiques pour un homme d‘Etat de la stature de Jacques Chirac. La frustration, l’humiliation et la trahison sont indissociables du pouvoir. Après avoir cédé la place à Nicolas Sarkozy au cœur de l’arène politique, il s’est vu rangé dans le rayon des oubliés. Plus personne ne s’intéresse à lui, pas même un média, ni un ami pour l’accompagner vers sa sortie définitive de la vie politique. Pour la première fois depuis 40 ans, lui le prince des jouissances du pouvoir a expérimenté ce « pouvoir-blues » à la fois attendu et redouté par les politiques. « Cette absence de présence lui pèsera lourdement pendant tout l’été » rapporte un journaliste. Lui qui était habitué aux lumières et aux caprices du pouvoir se voit relégué au second plan aussi vite qu’à été son envol. De la lumière à l’anonymat voire parfois à l’indifférence, Jacques Chirac vivra cet été comme un second affront après celui du départ précipité de la scène politique que lui à imposer son successeur. Mais Jacques Chirac est un puits insondable de mystère qui échappe parfois à sa propre conscience. Il sait rebondir parce que c’est un animal politique qui ne se bat plus pour gravir les échelons, et qui sait surmonter l’affront et l’humiliation pour repartir à la conquête du pouvoir. Il aime l’action et le contact populaire, c’est là qu’il puise son énergie. Pourtant, pendant longtemps j’ai critiqué et parfois combattu ses choix stratégiques et ses orientations politiques: cette manière monarchique de présider la France du haut de son Élysée de bunker, à cela j’ajoute cette politique paternaliste qu’il entretenait avec l’Afrique qui était vraisemblablement méprisante pour ces hommes censés être doués de raison et de liberté. Cette indulgence coupable qu’il avait pour les dirigeants africains a paralysé considérablement la démocratie dans ce continent et les relations traditionnelle avec la mère patrie. Mais pour autant j’ai toujours considéré qu’il était un homme d’Etat capable à la fois de cristalliser les espoirs et les déboires de tout un peuple. Au hasard de sa vie , il a croisé le sacre (la politique) et le magnifique (le pouvoir), mais rien n’égale l’amour qu’il a pour la France. Il a tout sacrifié pour la vie publique et pour incarner la France, « sa » France. Aujourd’hui sa mise en examen par la juge d’instruction Xavière Simeoni pour détournement de fonds publics dans l’affaire des chargés de mission de la ville de Paris sonne dans la conscience collective comme un acharnement judiciaire. Cette première dans l’histoire de la République française met en émoi toute la classe politique qui se trouve gêné à la fois …
Lettre à François Fillon 12 novembre, 2007
Posté par Steve Loemba dans : Non classé , 35 commentairesMonsieur le Premier Ministre,
L’histoire politique me rapporte que la fonction de chef du gouvernement est probablement la plus ingrate et le bail locatif de Matignon incontestablement le plus précaire de l’appareil de l’Etat. Le Premier ministre doit une allégeance particulière au Président de la République qui le nomme et une révérence prononcée à la majorité parlementaire dont il est issu. Cependant, malgré son état de subordination connu de tous, le Premier ministre reste responsable aux yeux de l’opinion et du Parlement des échecs et des revers: il est le « bouc émissaire » que le chef de l’Etat renvoie lorsque les affaires vont mal, le fusible qui saute quand le courant ne passe plus entre la Présidence et la Nation. Votre rôle est de gérer les « bobos » des français, vous êtes censé être le premier urgentiste de France. Mais pourtant depuis près de 6 mois à Matignon, vous semblez être absent au numéro 15 des urgences, alors que Nicolas Sarkozy élu à la tête de l’Etat, secoue la France dans tous les sens et on remarque avec admiration qu’il « n’a pas de bouclier et ne protège pas ses arrières » en cas de tempête. Il est au devant de la scène, il la capte, la sublime et parfois même la subjugue. Le patron de l’Elysée prend tous les risques pour faire bouger les lignes du conservatisme. Il est partout et s’occupe de tout. Contrairement à ses prédécesseurs Nicolas sarkozy personnifie le coeur du Pouvoir, lui donne une âme et un corps pour incarner l’Etat. Il ne veut pas être au-dessus de la mêlée mais dans la mêlée. Alors que la lettre constitutionnelle définie, le chef de l’Etat comme un arbitre national au-dessus des contingences politiques ; un arbitre chargé d’assurer la continuité de l’Etat; Nicolas Sarkozy donne une autre interprétation des textes: il passe de l’arbitre au guide. « Il détermine et conduit la politique de la Nation », les prérogatives que normalement la Constitution vous reconnaît. Cette méthode peu conventionnelle semble séduire les français. Traditionnellement, C’est un chef de l’Etat placé au-dessus des partis politiques que doit posséder le pouvoir exécutif. Mais avec Sarkozy c’est un chef de l’Etat qui continue d’appartenir de manière notoire à son appareil politique et qui dirige en même temps la nation, avec à sa disposition un bras séculier que l’on appelle gouvernement. Cela signifie que contrairement à la logique du Parlementarisme, le Gouvernement ne doit plus être l’émanation de la volonté parlementaire mais doit dépendre de la volonté du Président de la République : arbitre au-dessus des partis. Cette conception à permis une évolution de la République française vers un régime déséquilibré au profit du président, déséquilibre qui s ‘apparente pour certain à l’exercice d’un pouvoir personnel. Cette situation correspond à la logique présidentialiste d’aujourd’hui; laquelle ne tolère aucune dyarchie au sein de l’exécutif. Les rapports entre le président et le Premier ministre sont marqués par une relation de subordination qui est donnée dès le début de sa nomination. Le Premier ministre n’est plus que le premier des collaborateurs de celui-ci. Car on ne saurait accepter qu’un duo existât au sommet. Mais justement il n’en est rien…
L’ Ami Déby 6 novembre, 2007
Posté par Steve Loemba dans : Non classé , 37 commentaires
Au moment ou le petit monde politico-médiatique s’agite sur l’affaire de l’association illuminée dite « Arche de Zoé », la France redécouvre les vieux réflexes de ce qui a été pendant 30ans « l’Afrique de papa » comme la très justement relévé la secrétaire d’Etat aux affaires Etrangères Rama Yade. Est-il bien utile de rappeler que l’Afrique n’est pas une chasse-gardée et qu’aucune grande puissance étatique n’a un droit acquis sur la gestion de ses ressources et moins encore un regard prééminent sur sa gouvernance, aucune autorité morale n’a le privilège du préalable sur la conduite des affaires africaines car ceux sont des Etats souverains qui detiennent la compétence de leur Compétence et dans la mesure où ils ont acquis l’indépendance et l’autonomie, ils s’administrent seuls, sans tuteur et sans tutelle. Après avoir forcer cette grande porte ouverte, tous ses slogans et toutes ses grandes formules du droit international perdent toutes de leurs superbes car le constat imparfait de la réalité est affligeant et on se rend strictement compte que les choses sont loin d’être aussi simplifiées où enfermées dans des clichés réducteurs. En diplomatie, on dit souvent Que « l’intérêt des États dépasse la condition des Hommes », il est des circonstances ou ces formules, que l’on pense destinées à alimenter les conversations les plus banales prennent une acuité qui vous laisse ébaubi. Le silence assourdissant des puissants face aux crimes perpétrés au Darfour justifie t-il qu’une organisation incompétente déracine les enfants de leurs familles ? le désir absolu de sauver des vies dans ses zones militarisée déclenche t-il un engouement incontrolé au point de remettre en cause aujourd’hui ce sacré Droit d’Ingérence que j’appelle de tous mes voeux?
Sans cette ténébreuse affaire d’enlèvement d’enfants noirs, le Tchad et particulièrement le village d’Abéché serait au mieux dans la conscience française qu’un bout de terre parmi d’autre que compose l’Afrique, au pire, le Tchad serait seulement synonyme de « l’hyper-médiatisation de l’assassinat à courbevoie du fils du président Idrisse Déby ». Le malheur de l’Afrique réside parfois dans l’indifférence que lui porte le reste du monde. Sa pauvreté contagieuse et sa geographie scabreuse ne donne pas envie de pousser les portes de la curiosité. Pourtant le Tchad est un pays d’Afrique du Nord créé de toutes pièces par la France à l’issu d’une véritable conquête militaire. Le régime d’Idriss Déby a été installé fin 1990 par la France, son armée et ses services secrets, sur fond d’enjeu pétrolier avec le soutien du régime soudanais. Il s’est depuis illustré par la systématisation de la terreur, la banalisation de la torture et du viol, la répétition des nettoyages et massacres ethniques – des crimes contre l’humanité avec la mansuétude des puissants – Aujourd’hui encore la terreur règne, au moment où le boeing présidentiel français frolé le sol tchadien…







